Douze ressortissants marocains ont été interpellés jeudi à Ceuta après l’attaque à coups de pierres et d’autres objets d’un véhicule militaire espagnol, dans cette enclave située sur la côte nord-africaine, a indiqué un porte-parole de la police à la presse française.
L’un des quatre militaires qui se trouvaient à bord du véhicule a été légèrement blessé au dos par un jet de pierre.
Les faits se sont produits dans la nuit de mercredi à jeudi, au cours de laquelle des troubles ont éclaté dans ce territoire espagnol. Un groupe composé d’«entre 50 et 70» migrants a pris pour cible un véhicule militaire qui effectuait une patrouille, selon la même source.
«Vers 6h, un véhicule militaire» transportant quatre soldats «a été pris dans une embuscade», lorsque «des deux côtés de la route des gens se sont mis à lui jeter des pierres et différents objets», a précisé le porte-parole.
Encerclés, les militaires ont abandonné leur véhicule et pris la fuite à pied, poursuivis «par un grand groupe de personnes». Ils ont alors demandé l’intervention de la police, qui s’est rendue sur place avec plusieurs véhicules, provoquant la dispersion des migrants.
Douze personnes, toutes de nationalité marocaine, ont été interpellées. Le porte-parole de la police a déclaré ignorer «le but» recherché par les membres du groupe.
Plusieurs milliers de migrants toujours présents
Ces incidents surviennent dans un contexte de fortes tensions à Ceuta, enclave espagnole de 18,5 kilomètres carrés comptant environ 80 000 habitants, près d’un mois après l’arrivée massive de plus de 70 000 migrants les 30 et 31 juillet.
Ces derniers avaient rejoint Ceuta à la nage ou à pied depuis le Maroc. Si la grande majorité d’entre eux est rapidement retournée dans le pays, plusieurs milliers se trouvent toujours dans l’enclave.
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Le gouvernement espagnol estime leur nombre entre 3 500 et 3 5007 000, tandis que les autorités de droite de Ceuta avancent un chiffre d’au moins 10 000 personnes.
Plusieurs manifestations ont été organisées par des habitants pour dénoncer des problèmes de sécurité et d’hygiène. La plus récente a réuni des milliers de personnes mercredi soir.
Le rassemblement s’est achevé par des incidents lorsque les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes afin d’empêcher des affrontements avec des migrants installés sur une plage, selon la presse espagnole.
«La tension dans la ville de Ceuta est très élevée» parce qu’il «n’y a pas de réponse» du gouvernement et que «nous nous sentons abandonnés», a déclaré jeudi à la radio Cadena Ser Kissy Chandiramani, conseillère aux Finances de la ville autonome.
Le gouvernement du Premier ministre Pedro Sánchez cherche à accélérer le renvoi des migrants restés à Ceuta. Il souligne toutefois que chacun d’eux doit d’abord être identifié afin de déterminer les personnes susceptibles de bénéficier du droit d’asile et celles pouvant être reconduites au Maroc.
Les milliers de mineurs présents dans l’enclave doivent, pour leur part, bénéficier d’une protection particulière.

















