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13,3 milliards de dollars en sept mois: les exportations turques vers l’Afrique se consolident

L’Égypte s’est classée en tête des marchés africains importateurs de produits turcs en juillet, avec une hausse annuelle de 49,3 %, à 426,2 millions de dollars.

Newstimehub

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24 Aug, 2026

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Les exportations de Türkiye vers les pays africains ont augmenté de 12,6 % au cours des sept premiers mois de 2026, atteignant 13,3 milliards de dollars, portées notamment par une progression significative sur plusieurs marchés clés, dont l’Égypte, l’Afrique du Sud et le Nigeria.

Pour le seul mois de juillet, les exportations turques vers le continent ont progressé de 16,3 % par rapport au même mois de l’année précédente, pour atteindre 2,3 milliards de dollars.

Ces chiffres témoignent de l’expansion continue de la présence commerciale turque en Afrique. Osman Aksoy, président du Conseil de coordination des Conseils d’affaires turco-africains relevant du Conseil des relations économiques extérieures de Türkiye (DEIK), estime que cette performance repose principalement sur trois facteurs : la logistique, le secteur du BTP et la diplomatie commerciale.

L’Égypte en tête

L’Égypte s’est classée en tête des marchés africains importateurs de produits turcs en juillet, avec une hausse annuelle de 49,3 % des exportations, à 426,2 millions de dollars.

Entre janvier et juillet, les exportations turques vers l’Égypte ont progressé de 26,1 %, dépassant 2,3 milliards de dollars.

Le Nigeria a enregistré la plus forte croissance parmi les principaux marchés africains, avec une hausse de 52,1 % des exportations turques au cours des sept premiers mois de l’année, à 453,2 millions de dollars.

En juillet, les exportations turques vers le Nigeria ont augmenté de 7,5 %, pour atteindre 60,2 millions de dollars.

Les exportations vers l’Afrique du Sud ont également progressé de 31,3 % au cours des sept premiers mois, à 479 millions de dollars. En juillet, elles ont augmenté de 8,3 %, à 66,9 millions de dollars.

La Libye figure également parmi les principaux marchés. Les exportations turques vers ce pays ont atteint 1,59 milliard de dollars au cours des sept premiers mois, en hausse de 2,3 %. Pour le seul mois de juillet, elles ont progressé de 22,4 %, à 289 millions de dollars.

En Tunisie, les exportations turques ont dépassé 720 millions de dollars entre janvier et juillet, enregistrant une hausse de 9,9 %. Elles se sont établies à 101 millions de dollars en juillet, en progression de 0,3 % sur un an.

Le Niger a, pour sa part, enregistré une progression remarquable de 80,5 % des exportations turques en juillet, à 255 millions de dollars. Sur les sept premiers mois de l’année, celles-ci ont augmenté de 8 %, dépassant 302 millions de dollars.

Évolution temporairement divergente au Maroc et en Algérie

À l’inverse, les exportations turques vers le Maroc et l’Algérie ont enregistré un recul temporaire en juillet, contrairement à la tendance observée sur les sept premiers mois de l’année.

Les exportations vers le Maroc ont progressé de 11,7 % sur les sept premiers mois, pour atteindre 2,43 milliards de dollars, contre un recul de 24,8 % sur un an en juillet, à 277,5 millions de dollars.

En Algérie, les exportations turques ont diminué de 5,8 % en juillet, à 142,5 millions de dollars, tandis qu’elles ont reculé de 18,8 % sur les sept premiers mois, à 1,09 milliard de dollars.

Selon Osman Aksoy, le recul enregistré au Maroc et en Algérie en juillet ne doit pas être considéré comme préoccupant, mais plutôt comme un ralentissement cyclique lié aux conditions actuelles.

Il a insisté sur la nécessité de distinguer les évolutions mensuelles des deux pays de la tendance générale des exportations sur le moyen terme.

“Cet élan n’est pas le fruit du hasard”

Commentant la performance globale des exportations turques, Osman Aksoy a expliqué que l’élan enregistré sur le marché africain reflète la diplomatie commerciale menée par Türkiye depuis plusieurs années.

“Cet élan sur le marché africain n’est pas le fruit du hasard. Il est le reflet concret de la diplomatie commerciale que nous menons depuis de nombreuses années avec patience, sur la base du principe du bénéfice mutuel”, a-t-il déclaré.

Il a souligné que l’atteinte de 13,3 milliards de dollars d’exportations, soit une hausse de 12,6 % sur les sept premiers mois, témoigne de la solidité des liens économiques multidimensionnels développés par Türkiye avec le continent.

Osman Aksoy a identifié trois facteurs principaux à l’origine de cette performance.

Le premier est constitué par les capacités logistiques turques.

Il a notamment souligné que Turkish Airlines dessert plus de 60 destinations à travers le continent, tandis que la diversification des liaisons maritimes de transport par conteneurs contribue à accélérer les livraisons de marchandises.

Le deuxième facteur réside dans l’activité des entreprises turques de construction en Afrique, notamment dans les projets portuaires, routiers, résidentiels et aéroportuaires. Ces projets génèrent également une demande pour les matériaux de construction et les produits turcs.

Le troisième facteur concerne les canaux diplomatiques, les délégations commerciales et les forums d’affaires, qui permettent de maintenir des contacts réguliers entre les entreprises turques et africaines.

Selon Aksoy, les machines et équipements, les produits électriques et électroniques, l’automobile et ses industries auxiliaires, la chimie, le fer et l’acier, le textile, l’agroalimentaire et les matériaux de construction figurent parmi les secteurs turcs les plus compétitifs sur les marchés africains.

Développer les marchés

Osman Aksoy a souligné que la poursuite de la progression des exportations nécessiterait désormais de dépasser la simple vente de produits turcs sur les marchés africains.

“Nous devons développer la production locale, les investissements conjoints, des réseaux de distribution solides et des modèles de financement flexibles”, a-t-il déclaré.

Il a également mis en avant les opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), estimant que la création de plateformes de production et de pôles logistiques dans des centres stratégiques du continent pourrait permettre aux entreprises turques d’accéder à plusieurs marchés africains au lieu de se limiter à un seul pays.

Il a toutefois souligné qu’un modèle unique ne pouvait être appliqué à l’ensemble des marchés : “Il n’existe pas de recette unique. Nous devons avancer avec des stratégies conçues spécifiquement en fonction de la dynamique de chaque pays”.

Selon Aksoy, l’Égypte, l’Afrique du Sud et le Nigeria revêtent une importance qui dépasse la taille de leurs marchés intérieurs, car ils constituent des portes d’entrée vers d’autres économies de leurs régions respectives.

L’Égypte, une porte d’entrée vers la production conjointe

Concernant l’Égypte, Osman Aksoy a évoqué le climat positif des relations diplomatiques ainsi que l’accord de libre-échange existant entre les deux pays, estimant que ces éléments offrent des avantages importants aux entreprises turques.

Il a toutefois souligné que la réussite à long terme “ne se limite pas à la vente de marchandises”, appelant à développer les investissements turcs dans les zones industrielles de la région du canal de Suez.

Il a également évoqué la possibilité de tirer parti de la position géographique de l’Égypte et de ses relations commerciales afin d’accéder, grâce à la production conjointe, à d’autres marchés africains.

Des opportunités différentes sur les grands marchés

Concernant l’Afrique du Sud, qu’il a décrite comme disposant de l’une des infrastructures industrielles les plus développées du continent, Aksoy estime que le renforcement de la présence turque devrait se concentrer sur les équipements industriels à forte valeur ajoutée, l’électronique et les solutions d’énergies renouvelables, plutôt que sur les produits de consommation traditionnels.

Au Nigeria, la taille de la population offre un potentiel de marché important. Toutefois, la variation du taux de change nécessite, selon lui, la mise en place d’instruments spécifiques afin de garantir une croissance durable.

Il a ainsi appelé à privilégier les échanges en monnaies locales, les mécanismes de compensation et l’approvisionnement direct en machines destinées à l’industrie et à la transformation agroalimentaire.

Pas de recette unique pour l’Afrique

Selon Aksoy, les perspectives d’expansion ne se limitent pas aux plus grandes économies du continent. Il voit également des opportunités spécifiques en Libye, en Tunisie, au Niger et dans la région du Sahel.

La Libye offre, selon lui, des opportunités dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures, du BTP, de l’électricité, de la santé, de l’agriculture et de l’agroalimentaire.

En Tunisie, il identifie des perspectives dans le textile, les industries auxiliaires de l’automobile, les machines, la chimie et les technologies.

Au Niger et dans la région du Sahel, les principales opportunités concernent l’énergie, l’agriculture, la sécurité alimentaire, l’irrigation, les activités minières et les infrastructures.

Aksoy a insisté sur le fait que l’élargissement de la présence commerciale turque en Afrique nécessite une approche fondée sur les secteurs, les projets et les spécificités de chaque marché, plutôt que de considérer le continent comme un marché unique et homogène.

Alors que les chiffres des sept premiers mois de 2026 confirment la poursuite de la croissance des exportations turques vers l’Afrique, Osman Aksoy estime que la prochaine étape devra consister à transformer les relations commerciales en partenariats plus approfondis, fondés sur l’investissement, la production, la logistique et le financement conjoints, afin de renforcer la pérennité de la présence économique turque sur le continent.

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