Le parti au pouvoir en Tanzanie a exclu le vice-président Emmanuel Nchimbi, qui a démissionné cette semaine.
Une réunion du Chama cha Mapinduzi (CCM) a décidé de sanctionner Emmanuel Nchimbi pour « indiscipline ». Le parti a également désigné le ministre de l’Énergie, Deogratius Ndejembi, pour lui succéder à la vice-présidence auprès de la présidente Samia Suluhu Hassan, a annoncé mercredi soir la secrétaire générale du CCM, Asha-Rose Migiro.
Cette décision intervient quelques semaines après l’élection d’octobre, remportée par Samia Suluhu Hassan, au cours de laquelle les forces de sécurité avaient été déployées pour faire face aux émeutes provoquées notamment par l’exclusion des principaux adversaires de la présidente. Internet avait alors été coupé pendant plusieurs jours. Samia Suluhu Hassan avait ensuite présenté ses excuses et promis qu’une telle mesure ne serait plus jamais prise.
Le principal opposant à la présidente, Tundu Lissu, est actuellement détenu et poursuivi pour trahison, des accusations qu’il juge politiquement motivées.
Emmanuel Nchimbi a indiqué que sa démission prendrait effet le 4 septembre et qu’il resterait « un bon citoyen » de son pays. Sa décision a suscité la surprise en Tanzanie.
Selon plusieurs analystes, le vice-président aurait été en désaccord avec Samia Suluhu Hassan sur la gouvernance et sur plusieurs questions liées aux manifestations avant, pendant et après l’élection du 29 octobre.
Une commission d’enquête sur les violences postélectorales a établi que 518 personnes avaient été tuées.
Le CCM dirige la Tanzanie depuis l’indépendance du pays vis-à-vis du Royaume-Uni en 1961.

















