Le secrétaire d’État adjoint américain, Garcia, s’est entretenu, ce samedi, avec le ministre malien des Affaires étrangères, au cours d’un échange consacré notamment à la décision du Mali d’engager officiellement son retrait de la Cour pénale internationale (CPI).
Selon un communiqué des autorités américaines, le responsable américain a salué cette décision, qui intervient après des échanges similaires avec les ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso et du Niger, deux pays ayant également annoncé leur intention de se retirer de la juridiction internationale.
Les États-Unis ont indiqué respecter la décision souveraine de chaque État de quitter une institution qu’ils qualifient de « Cour pratiquant une justice sélective et des procédures judiciaires instrumentalisées ».
Washington a, par ailleurs, exprimé sa volonté de poursuivre la coordination avec le Mali, le Burkina Faso et le Niger sur les questions de sécurité régionale ainsi que sur d’autres priorités d’intérêt commun, conclut le communiqué.
Le Mali, le Burkina Faso et le Niger, membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), ont annoncé, en septembre 2025, leur intention de se retirer du Statut de Rome, le traité fondateur de la Cour pénale internationale (CPI).
En juin 2026, les trois pays ont officiellement notifié leur décision au Secrétaire général des Nations unies, dépositaire du traité. Conformément aux dispositions du Statut de Rome, leur retrait prendra effet un an après cette notification officielle.
Les autorités des trois États justifient cette décision par leur volonté de renforcer leur souveraineté judiciaire et dénoncent ce qu’elles considèrent comme une instrumentalisation politique de la CPI, ainsi qu’un traitement sélectif des situations africaines.
Créée en 2002 et basée à La Haye, la Cour pénale internationale est compétente pour juger les auteurs présumés de génocide, de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et du crime d’agression lorsque les juridictions nationales ne sont pas en mesure, ou ne souhaitent pas, d’engager des poursuites.
Le retrait d’un État du Statut de Rome ne met toutefois pas fin aux obligations nées durant sa période d’adhésion.
Les procédures déjà ouvertes, ainsi que les enquêtes portant sur des faits commis avant la date effective du retrait, demeurent de la compétence de la Cour. Dans le cas du Mali, une enquête ouverte par la CPI depuis 2013 se poursuit et n’est pas affectée par cette décision.
Cette annonce intervient dans un contexte de remise en question croissante de la CPI par plusieurs États, tandis que la Cour fait également face à des pressions diplomatiques et institutionnelles sur la scène internationale.

















