Le Sénat de la République démocratique du Congo a adopté un projet de loi portant sur l’organisation de référendums dans le pays, une mesure qui pourrait permettre au président Félix Tshisekedi de modifier la Constitution et de briguer un troisième mandat.
Le vote sénatorial lundi est intervenu trois jours après que des manifestants anti- et pro-Tshisekedi se sont affrontés lors d’une manifestation contre les projets du gouvernement de modifier la Constitution, que l’opposition condamne comme une tentative du président de se maintenir au pouvoir.
En poste depuis 2019, Tshisekedi arrive au terme de son deuxième — et, selon la Constitution actuelle, dernier — mandat de cinq ans en 2028.
Cependant, le président, âgé de 63 ans, a déclaré le mois dernier qu’il accepterait de diriger à nouveau ce pays en proie aux conflits pour un troisième mandat « si le peuple le souhaite » après un référendum sur la réforme de la Constitution.
Limite de deux mandats
Le projet de loi adopté par le Sénat, qui avait été validé par la chambre basse plus tôt ce mois-ci, est un texte technique sur l’organisation des référendums.
Mais il pourrait ouvrir la voie à une tentative de suppression de la limite de deux mandats pour les présidents prévue par la Constitution congolaise.
Le projet doit désormais recevoir le feu vert de la Cour constitutionnelle, puis être transmis à Tshisekedi pour signature.
La coalition de Tshisekedi dispose d’une large majorité au Parlement.
Les principaux partis d’opposition se sont réunis le mois dernier au sein d’une coalition pour s’opposer à ce qu’ils considèrent comme une manœuvre du président pour se maintenir au pouvoir.
Plusieurs figures de l’opposition ont été blessées lors de la manifestation de vendredi, qui a dégénéré en accrochages avec des partisans du gouvernement et la police, ont indiqué des journalistes de l’AFP.

















