La Haute Autorité de la Communication (HAC) de Guinée a mis en demeure France 24 après l’utilisation du qualificatif “président putschiste” pour désigner Mamadi Doumbouya dans une édition d’information.
Le régulateur reproche à la chaîne française d’avoir employé un terme jugé « inapproprié » à l’égard du chef de l’État, élu lors de la présidentielle de décembre 2025.
Dans sa décision, la HAC affirme que France 24 a “sciemment choisi d’ignorer la légitimité issue des urnes” et considère ce choix éditorial comme un “manquement grave à l’obligation d’exactitude, d’impartialité et d’équilibre du traitement de l’information”. Le régulateur estime également qu’il constitue, selon les termes de sa décision, “une atteinte flagrante à l’honneur des institutions républicaines et à la dignité du Chef de l’État guinéen”.
Pour les autorités guinéennes, l’enjeu dépasse donc le seul choix d’un qualificatif : il touche à la manière dont les institutions et la souveraineté électorale du pays sont représentées par les médias internationaux. La HAC demande ainsi à France 24 de “cesser sans délai” l’utilisation de termes jugés “inappropriés, dégradants et attentatoires à la dignité des institutions guinéennes” et d’effectuer les “rectifications éditoriales nécessaires sur l’ensemble de ses canaux numériques”.
La mesure reste, à ce stade, une mise en demeure, sans suspension ni autre sanction contre France 24. La HAC prévient toutefois qu’en cas de non-respect ou de récidive, elle “se réserve le droit de prononcer des sanctions prévues par la loi”.
De son côté, France 24 a reconnu que Mamadi Doumbouya avait été qualifié de “président putschiste” à l’antenne, en référence à sa prise de pouvoir par un coup d’État en 2021. La chaîne a indiqué qu’elle présenterait ses excuses et procéderait à une rectification.

















