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Le Togo justifie l’arrestation de deux Français et écarte toute atteinte à la liberté de la presse

Lomé brise le silence après l’arrestation de deux Français : “Le respect des dispositions administratives et sécuritaires applicables aux activités de tournage sur le territoire national s’impose à tous, sans considération de nationalité”.

Newstimehub

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24 Aug, 2026

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Le gouvernement togolais sort du silence sur l’arrestation de deux ressortissants français interpellés fin juillet dans le nord du pays. Dans un communiqué conjoint publié le 22 août, les ministres de la Sécurité, Calixte Batossie Madjoulba, et de la Justice, Pacôme Yawovi Adjourouvi, affirment que la procédure engagée contre les deux Français et leur collaborateur togolais relève exclusivement du respect des règles administratives et sécuritaires encadrant les activités de tournage.

Les trois membres de l’équipe avaient été interpellés le 27 juillet au marché de Matchatom, dans la préfecture de la Binah, alors qu’ils réalisaient des prises de vues à l’aide d’un drone dont les caractéristiques n’avaient pas été déclarées. Ils travaillaient pour le documentaire « Les routes de l’impossible », produit par une société française.

Selon les autorités togolaises, l’équipe disposait bien d’une autorisation de tournage délivrée le 19 juin par le ministère chargé du Tourisme. Mais celle-ci était, selon le communiqué, limitée à certaines localités et signée uniquement au nom du collaborateur togolais. Or les enquêteurs ont établi que l’équipe s’était également rendue à Mango, Guérin-Kouka et Matchatom, certaines zones étant soumises à des restrictions particulières dans le contexte de l’état d’urgence en vigueur dans le pays.

Autre point au cœur du dossier : l’utilisation du drone. Le Quai d’Orsay rappelle lui-même dans ses conseils aux voyageurs que l’utilisation d’un drone pour des prises de vue au Togo est soumise à autorisation.

« Des indices graves et concordants »

Après plusieurs semaines d’enquête, les autorités togolaises affirment avoir relevé plusieurs irrégularités dans la préparation et l’exécution du projet. Elles évoquent notamment des « indices graves et concordants » susceptibles de caractériser une infraction de fausses déclarations prévue par le nouveau Code pénal.

Présentés au parquet le 17 août, les trois mis en cause ont été entendus en présence de leur avocat. Une information judiciaire a ensuite été ouverte, avant leur inculpation et leur placement sous mandat de dépôt.

Lomé insiste toutefois sur un point : la procédure ne viserait ni le contenu du documentaire, ni le travail journalistique réalisé par l’équipe. « Ces faits ne portent ni sur le contenu éditorial du documentaire, ni sur l’exercice de la liberté de presse », précisent les deux ministres, qui affirment que les poursuites portent uniquement sur les règles administratives, réglementaires et sécuritaires applicables sur le territoire togolais.

Paris demande leur libération

De son côté, la France suit l’affaire de près. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a indiqué le 19 août que la situation des deux ressortissants français était suivie « avec beaucoup d’attention » et que Paris était en contact avec les autorités togolaises. Il a également déclaré que les équipes françaises sur place leur avaient déjà rendu plusieurs visites et que la France souhaitait leur libération au plus tôt.

Les deux Français et leur collaborateur togolais sont actuellement détenus dans l’attente de la suite de la procédure judiciaire. Selon Lomé, ils bénéficient de l’assistance de leurs avocats, de l’assistance consulaire française pour les ressortissants français et ont été autorisés à communiquer avec leurs familles.

En pleine polémique sur cette arrestation, le gouvernement togolais cherche donc à fixer une ligne rouge : aucune nationalité, aucune activité de tournage et aucun projet documentaire ne dispense du respect des règles en vigueur, particulièrement dans les zones considérées comme sensibles. Le Togo réaffirme parallèlement son attachement à l’État de droit, aux droits de la défense et à la présomption d’innocence.

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