Les conflits fonciers restent un problème important à Madagascar. Dans plusieurs régions, des terrains font l’objet de ventes irrégulières, de faux documents ou encore d’occupations sans droit. Derrière certaines affaires, des réseaux composés d’intermédiaires, de faux vendeurs et de spéculateurs sont soupçonnés d’organiser des opérations de spoliation foncière.
Le problème commence parfois par la falsification d’un titre, d’une attestation ou d’un mandat. Des personnes peuvent ensuite vendre des terrains qui ne leur appartiennent pas. Des familles, pensant acheter légalement une parcelle, investissent alors leurs économies dans une construction avant de découvrir que le vendeur n’avait aucun droit sur le terrain. Elles se retrouvent ainsi victimes d’une escroquerie, mais aussi confrontées aux conséquences d’une occupation considérée comme illégale.
Le cas de Tsarakofafa, à Toamasina, illustre cette situation. Environ 270 ménages sont concernés par la libération des emprises du projet Port Sec III. La Société du Port à gestion autonome de Toamasina (SPAT) affirme détenir les droits sur les terrains et s’appuie sur une décision de justice rendue en 2025. Une partie des familles a accepté de rejoindre le site de relocalisation du Port Sec II, tandis que d’autres restent opposées à cette solution.
À Antananarivo, la commune urbaine a également démoli 11 boutiques construites sans autorisation près de la route universitaire. Selon la municipalité, ces constructions empiétaient sur la chaussée et gênaient la circulation. Les propriétaires avaient reçu plusieurs avertissements avant l’intervention.
Face à ces problèmes, la modernisation du système foncier apparaît comme une priorité. Le ministre de l’Aménagement du territoire et des Affaires foncières, le général Lylyson, a rencontré Halime Ebru Demircan, ambassadrice de Türkiye à Madagascar, ce lundi 17 août 2026 à Antananarivo. Les discussions ont notamment porté sur l’expérience turque dans la digitalisation des documents et de la gestion foncière. Elles concernent également les « Boky rovitra », des documents fonciers détériorés à Madagascar.
Une délégation turque pourrait se rendre à Madagascar en septembre 2026 pour poursuivre les discussions et examiner les possibilités de coopération.

















