Hospitalisation de Tariq Ramadan : controverse sur l’aptitude à comparaître

La psychologue Fanny Bauer-Motti critique l’expertise médicale française alors que le procès pour viols se poursuit à Paris

Newstimehub

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24 Mar, 2026

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La psychologue et docteure en psychopathologie Fanny Bauer-Motti a vivement réagi mardi matin à l’annonce de l’hospitalisation en psychiatrie de Tariq Ramadan à Genève. Dans un message publié sur le réseau social X, elle estime que cette hospitalisation « contredit frontalement » l’expertise médicale ordonnée par la justice française, qui avait jugé l’islamologue apte à comparaître malgré sa sclérose en plaques.

« Son hospitalisation vient contredire frontalement cette expertise, et pose une question grave : comment une telle évaluation a-t-elle pu être retenue avec autant de légèreté ? », écrit la spécialiste. Elle souligne que « dans un État de droit, on ne peut pas faire primer une expertise discutable sur la réalité clinique d’un état de santé manifestement incompatible avec une défense digne et équitable » et que « ce qui est en jeu dépasse un cas individuel : c’est le respect fondamental des droits de la défense et de la dignité humaine ».

Selon Le Parisien, deux nouveaux avocats de la défense de Tariq Ramadan devaient informer la cour criminelle de Paris que leur client allait être hospitalisé mardi matin en service de psychiatrie aux Hôpitaux universitaires de Genève. Ils entendent demander à la justice de « tirer toutes les conséquences » de cette situation médicale, notamment un renvoi des audiences.

Malgré cela, l’audience s’est poursuivie en l’absence de l’accusé, comme les jours précédents. Le verdict du procès pour viols, dans lequel Tariq Ramadan, âgé de 63 ans, est jugé par défaut, doit être rendu mercredi 25 mars.

L’islamologue est poursuivi en France pour viols sur trois femmes entre 2009 et 2016. Lors de l’ouverture du procès devant la cour criminelle de Paris, il était hospitalisé à Genève, selon ses avocats, en raison d’une « poussée » de sclérose en plaques et pour se trouver auprès de sa mère âgée de 93 ans. Une expertise neurologique ordonnée par la cour, réalisée par deux médecins indépendants, avait conclu que l’accusé était apte à comparaître, ce qui avait conduit à un mandat d’arrêt et à son jugement par défaut.

La situation relance le débat sur la prise en compte de l’état de santé des accusés dans le cadre de procédures judiciaires sensibles, et sur l’équilibre entre droits de la défense et sécurité juridique.

Source: Newstimehub