Algérie-France : L’heure de la détente ?

Après des mois de tensions, le ministre français de l’Intérieur est annoncé en Algérie en début de semaine. Le dernier déplacement d’un ministre de l’Intérieur à Alger remontait à la fin 2022.

Newstimehub

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13 Feb, 2026

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La question des OQTF, la lutte contre le terrorisme, le cas du journaliste sportif Christophe Gleizes: le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez sera en Algérie lundi et mardi pour évoquer ces épineux sujets dans un contexte de tensions diplomatiques.

Annoncé depuis plusieurs mois, ce déplacement délicat a finalement été confirmé jeudi par l’entourage du ministre.

Laurent Nuñez et son homologue algérien se sont longuement entretenus par téléphone dans l’après-midi pour préparer cette visite, présentée comme un premier signe de dégel des relations de part et d’autre de la Méditerranée.

Il y a quelques jours, “le premier flic de France” affirmait avoir reçu une invitation de son homologue algérien et qu’il “y répondrait”.

« On travaille aux conditions de cette visite », avait-il expliqué sur BFMTV, se félicitant « de ce que les échanges sécuritaires aient repris entre les deux pays ».

Il a précisé qu’il se rendrait en Algérie pour “parler de questions de sécurité, notamment la question des réadmissions, la question de la lutte contre le terrorisme, contre le narcotrafic…”.

Début février, le ministre avait indiqué attendre une première réponse d’Alger aux demandes de Paris concernant le retour dans leur pays des ressortissants algériens en situation irrégulière en France, ainsi que le dossier de Christophe Gleizes, ce journaliste sportif arrêté en mai 2024 alors qu’il préparait un article sur la JS Kabylie, le club le plus titré du pays.

Les relations entre les deux pays s’étaient fortement dégradées depuis l’été 2024, après la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.

“Reconstruction de l’amitié”

Laurent Nuñez et son homologue Saïd Sayoud devraient également aborder d’autres dossiers sensibles, notamment l’admission des ressortissants algériens visés par une obligation de quitter le territoire français (OQTF), le renseignement dans la lutte contre le terrorisme et les demandes d’extradition formulées par l’Algérie.

Le dernier déplacement d’un ministre de l’Intérieur en Algérie remontait à la fin 2022, lors de la visite de Gérald Darmanin.

Son successeur Bruno Retailleau avait cristallisé les tensions, adoptant régulièrement une posture de confrontation, notamment autour du dossier de l’écrivain Boualem Sansal, incarcéré près d’un an en raison de certaines prises de position sur son pays natal.

L’ancienne ministre socialiste Ségolène Royal s’est rendue il y a quelques jours en Algérie, où elle a été reçue par le président Tebboune et a obtenu l’autorisation de rendre visite à Christophe Gleizes, condamné à sept ans de prison pour “apologie du terrorisme”.

Ségolène Royal s’était présentée comme médiatrice lors de ce déplacement, réalisé à titre personnel en tant que présidente de l’Association France-Algérie. Elle est intervenue en faveur d’une “reconstruction de l’amitié” entre la France et l’Algérie.