Le département américain de la Justice (DOJ) a annoncé jeudi, dans le cadre de l’opération « Ghostbusters », des poursuites visant un réseau présumé lié au Kenya, accusé d’avoir détourné des fonds publics à travers de fausses inscriptions universitaires.
Le système reposait sur l’usurpation d’identité de citoyens américains qui n’avaient jamais fréquenté les établissements concernés. Les fraudeurs auraient utilisé leurs données personnelles pour déposer de fausses demandes d’aides financières fédérales (FAFSA), puis inscrire des étudiants fictifs dans plusieurs universités et établissements d’enseignement supérieur.
Après déduction de leur commission, les fonds auraient été transférés vers des comptes bancaires contrôlés par des complices, notamment au Kenya. Certains intermédiaires installés aux États-Unis auraient servi de relais financiers pour acheminer l’argent à l’étranger.
Cinq personnes inculpées, plus de 750 000 dollars saisis
Le 29 octobre 2026, le département de la Justice a annoncé les premières poursuites contre cinq personnes dans trois États américains : le Nebraska, la Virginie et le New Jersey. Les affaires portent sur un préjudice financier estimé à près de 2,9 millions de dollars pour les dossiers concernés.
Les autorités ont également annoncé la saisie de plus de 750 000 dollars en cryptomonnaies sur un compte appartenant à un ressortissant kényan lié au réseau présumé, avec l’aide des services d’enquête kényans.
Une fraude potentiellement supérieure à 200 millions de dollars
Selon le FBI, les pertes déjà identifiées dépassent 32 millions de dollars, tandis que l’ampleur globale des fraudes similaires pourrait excéder 200 millions de dollars. Les enquêteurs ont également repéré 830 840 comptes d’identification potentiellement frauduleux, associés à près de 130 millions de dollars d’aides, et recommandé leur désactivation.
L’enquête, qui couvre plus de 40 dossiers dans 26 bureaux du FBI, se poursuit avec la coopération des autorités kényanes. Le département de la Justice entend identifier les autres complices et récupérer les fonds détournés.

















