La République démocratique du Congo (RDC) a mis en place un nouveau conseil consultatif composé d’éminents juristes spécialisés dans les crimes de guerre, originaires des États-Unis et d’Europe, afin de soutenir ses efforts pour obtenir justice concernant les atrocités commises dans l’est du pays.
Cette initiative intervient alors que le gouvernement congolais intensifie sa campagne en faveur de la justice internationale en lien avec le conflit qui ravage l’est de la RDC depuis des décennies. Cette guerre, impliquant des dizaines de groupes armés et alimentée par la compétition autour des ressources minières, aurait fait des millions de morts.
Le conflit dans l’est de la RDC trouve en partie son origine dans les conséquences du génocide de 1994 au Rwanda. Après le génocide, de nombreux responsables des massacres se sont réfugiés dans l’est du Congo, contribuant à alimenter un cycle de violences qui perdure depuis des décennies.
Le mois dernier, Kinshasa a saisi la Cour internationale de Justice (CIJ), accusant le Rwanda de violer plusieurs conventions internationales relatives au génocide, à la discrimination raciale et à la torture.
Lors de l’Assemblée générale des Nations unies l’an dernier, le président Félix Tshisekedi a appelé à la reconnaissance de ce qu’il qualifie de « génocide silencieux » en RDC et a plaidé pour la création d’une commission d’enquête internationale afin de mettre fin au « cycle de l’impunité ».
Les combats dans l’est du pays se sont intensifiés l’an dernier lorsque le groupe rebelle AFC/M23 a pris le contrôle de vastes territoires dans l’est de la RDC.
Le nouveau conseil, baptisé Conseil pour l’examen des atrocités en RDC, conseillera deux institutions de l’État congolais dans leurs démarches visant à faire reconnaître les crimes commis et à obtenir des réparations pour les victimes.
Il est coprésidé par la défenseure congolaise des droits humains Julienne Lusenge et Howard Morrison, avocat britannique et ancien juge à la Cour pénale internationale (CPI) ainsi qu’au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie.
Parmi ses membres figurent également Stephen Rapp, ancien ambassadeur américain chargé des crimes de guerre, qui a dirigé les poursuites contre l’ancien président libérien Charles Taylor, ainsi que Pascal Turlan, ancien haut responsable de la CPI ayant travaillé sur plusieurs dossiers concernant la RDC.

















