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Le Tchad conteste le tracé ferroviaire validé par le Cameroun, un projet stratégique sous tension

Le Tchad privilégierait un tracé plus méridional, susceptible de mieux desservir les principales zones agricoles et économiques du sud du pays, avec l’objectif de renforcer le désenclavement intérieur et d’accroître les retombées économiques.

Newstimehub

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18 Jun, 2026

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Le projet de ligne ferroviaire reliant le nord du Cameroun à la capitale tchadienne, présenté comme l’un des plus importants chantiers d’intégration régionale en Afrique centrale, fait l’objet d’un désaccord entre Yaoundé et N’Djamena.

Alors que les autorités camerounaises ont validé début juin un tracé passant par Ngaoundéré, Garoua, Maroua, Kousseri et N’Djamena, le gouvernement tchadien affirme qu’aucune décision définitive n’a encore été prise et réclame une concertation bilatérale avant toute validation finale, rapporte Tchadinfos

Dans un communiqué relayé par le ministère tchadien des Transports, N’Djamena a précisé que « toutes les options demeurent à l’étude » et que le choix du corridor devra résulter d’un accord commun entre les deux États.

Selon plusieurs sources concordantes, le Tchad privilégierait un tracé plus méridional, susceptible de mieux desservir les principales zones agricoles et économiques du sud du pays, avec l’objectif de renforcer le désenclavement intérieur et d’accroître les retombées économiques du futur réseau ferroviaire.

Le tracé retenu par Yaoundé a été officiellement arbitré par la présidence camerounaise le 5 juin. Il fait partie d’un projet ferroviaire de près de 1 000 kilomètres dont le coût est estimé entre 4 000 et plus de 6 000 milliards de FCFA selon les différentes études disponibles. Trois corridors étaient initialement en compétition avant que le Cameroun ne privilégie l’option passant par les grandes villes du Grand Nord, rensigne Tchadinfos.

Arbitrage au plus haut niveau

Au-delà de la question du tracé, les enjeux sont considérables. Pour le Tchad, pays enclavé sans accès maritime et dépourvu de réseau ferroviaire opérationnel, cette infrastructure représente une ouverture stratégique vers le port de Douala via le réseau ferroviaire camerounais existant. Le projet doit permettre de réduire les coûts logistiques, fluidifier le transport des marchandises et renforcer les échanges commerciaux entre les deux pays.

Pour le Cameroun, cette liaison renforcerait son rôle de corridor régional majeur pour l’Afrique centrale et consoliderait son positionnement comme porte d’entrée des marchandises destinées au Tchad et à l’espace sahélien. Le projet est également présenté comme un levier de développement économique et de stabilisation pour les régions septentrionales confrontées à d’importants défis sécuritaires et socio-économiques.

Malgré les divergences actuelles, les deux gouvernements continuent d’afficher leur volonté de mener à bien ce projet structurant. Selon les autorités tchadiennes, la décision finale devra être prise dans le cadre des mécanismes institutionnels prévus entre les deux États, tandis que plusieurs observateurs estiment qu’un arbitrage au plus haut niveau entre le président camerounais Paul Biya et le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno pourrait être nécessaire pour débloquer le dossier.

Le différend actuel illustre ainsi l’importance stratégique de cette future ligne ferroviaire, appelée à devenir l’un des principaux corridors de transport et d’intégration économique entre le Sahel et le golfe de Guinée.

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