Jerome Powell, qui vient tout juste de quitter ses fonctions de président de la banque centrale des États-Unis (Fed), va recevoir dimanche un “prix du courage” en politique pour avoir “défendu l’indépendance” de l’institution face aux assauts de Donald Trump.
Ce prix lui sera remis à Boston (nord-est des États-Unis) par la fondation qui gère la bibliothèque présidentielle John F. Kennedy, du nom de l’ex-chef de l’État démocrate assassiné en 1963, auteur d’un livre appelé “Le Courage dans la politique”.
L’organisation crédite Powell d’avoir “défendu l’indépendance de la Réserve fédérale, qui est essentielle à la stabilité de l’économie mondiale, malgré des années d’attaques personnelles et de menaces émanant des plus hautes sphères du gouvernement”.
Lors de la remise du prix, Jerome Powell devra prononcer un discours, son premier depuis qu’il a cédé son siège de président à Kevin Warsh.
Ce sera aussi sa première prise de parole depuis qu’il est redevenu simple gouverneur de la banque centrale, ayant décidé d’y rester tant que subsistent des pressions politico-judiciaires à son encontre.
Jerome Powell a été très vite pris en grippe par Donald Trump, qui l’avait pourtant nommé à la tête de la Fed en 2018.
Le républicain, qui veut des taux d’intérêt plus bas pour stimuler l’économie, a multiplié les injures et les mises en cause depuis son retour au pouvoir en janvier 2025.
Lire aussi :
Il a tenté d’accélérer le départ de Powell et de révoquer une de ses collègues, Lisa Cook, seule femme noire à être devenue gouverneure de la Fed.
Jerome Powell a fini par sortir de sa réserve en début d’année pour dénoncer l’ouverture, par le ministère de la Justice, d’une enquête le visant.
Il avait dénoncé un “prétexte” dans “le contexte plus large des menaces et des pressions constantes exercées par le gouvernement”.
La fondation explique que son prix honore les personnes “ayant pris une décision courageuse dictée par leur conscience, sans se soucier des conséquences personnelles ou professionnelles”.
D’anciens présidents, comme le républicain George Bush Senior et le démocrate Barack Obama, font partie des précédents lauréats, aux côtés d’élus de premier plan — John McCain, Nancy Pelosi — et de dirigeants étrangers, tel que Volodymyr Zelensky.
L’institution a décidé cette année de remettre un deuxième “prix du courage”, décerné aux habitants des villes jumelles du Minnesota (nord) que sont Minneapolis et Saint-Paul, épicentres en début d’année de l’offensive anti-immigration du gouvernement Trump, où deux Américains ont été tués par les forces de l’ordre.
















