Le Conseil de sécurité des Nations unies a renouvelé ce vendredi pour une année supplémentaire le régime de sanctions visant le Soudan du Sud, prolongeant notamment l’embargo sur les armes, les interdictions de voyager et le gel des avoirs.
Le Conseil, composé de 15 membres, a adopté la résolution 2821 par neuf voix pour et six abstentions, sans vote contre. La Chine, la République démocratique du Congo, le Liberia, le Pakistan, la Russie et la Somalie se sont abstenus.
La résolution prolonge les sanctions jusqu’au 31 mai 2027 et renouvelle jusqu’au 1er juillet 2027 le mandat du groupe d’experts chargé d’assister le comité des sanctions sur le Soudan du Sud.
Les États-Unis, rédacteurs du texte, ont estimé que ces mesures restaient nécessaires en raison de la situation politique et sécuritaire dans ce pays d’Afrique de l’Est, jugeant limités les progrès réalisés dans l’application de l’accord de paix signé en 2018.
« L’absence de progrès sur les critères établis et la détérioration persistante de la situation politique et sécuritaire demeurent préoccupantes », a déclaré Jennifer Locetta, représentante adjointe des États-Unis auprès de l’ONU.
Un rapport du secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres souligne que la période 2025-2026 a été « la plus difficile » depuis la signature de l’accord de paix de 2018, évoquant des blocages et des reculs dans plusieurs domaines clés des réformes.
La résolution demande également une nouvelle évaluation de l’ONU d’ici avril 2027 concernant les avancées sur plusieurs critères, notamment la réforme du secteur de la sécurité, la création de forces unifiées, le désarmement et la gestion des armes.
Plusieurs pays ayant choisi l’abstention ont toutefois remis en cause l’efficacité des sanctions.
La Russie a estimé que ces mesures entravaient l’application de l’accord de paix et limitaient la capacité du Soudan du Sud à préparer les élections prévues.
La Chine a pour sa part jugé que l’embargo sur les armes réduisait les capacités du gouvernement à protéger les civils et à maintenir la stabilité, tandis que plusieurs membres africains du Conseil ont appelé à une révision des restrictions.
Le représentant du Soudan du Sud a également critiqué cette décision, affirmant que l’embargo limitait la capacité des autorités à protéger les civils, sécuriser les frontières et répondre aux menaces des groupes armés.
Il a appelé le Conseil de sécurité à entendre les demandes de l’Union africaine et des organisations régionales en faveur d’une levée des sanctions.
















