Le président sénégalais Faye a nommé lundi un banquier et ancien ministre pour diriger le gouvernement.
Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô est un ancien de la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (Bceao), présenté comme au fait des “arcanes économiques et financiers”.
À partir de 1987, Lo a occupé plusieurs postes à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), devenant directeur national de l’agence nationale du Sénégal (2016), puis secrétaire général de la BCEAO en février 2024.
Des médias sénégalais signalent que Lo est connu pour sa défense du franc CFA face aux appels à son remplacement, « défendant sans relâche la stabilité de cette monnaie et affirmant qu’elle remplit toutes les fonctions essentielles de la monnaie et maintient un équilibre extérieur robuste ».
Aujourd’hui que le Sénégal fait face à une crise financière aiguë, il est attendu de Ahmadou Al Aminou Lô qu’il rassure davantage les partenaires multilatéraux et le FMI notamment qui attend des mesures de correction pour conclure un nouveau programme avec le Sénégal, selon l’Agence de presse sénégalaise.
Au cours de la décennie écoulée à la BCEAO, il a accompagné l’État du Sénégal dans ses émissions d’eurobonds sur les marchés financiers internationaux, dans ses échanges avec Standard & Poor’s et Moody’s, et dans les négociations conduites avec le Fonds monétaire international.
Depuis 2024, il a rejoint la réalité publique, en étant le secrétaire général du gouvernement, aux côtés du Premier ministre Ousmane Sonko.
Lors de son premier discours lundi, il a exclu tout changement de cap.
Il ne s’agit point d’un changement de cap. C’est plutôt un changement de méthode, dans la cohérence institutionnelle et de l’action gouvernementale voulu par le Chef d’État, en veillant à la fidélité aux engagements du projet impulsé par toux ceux qui se sont mobilisés autour du programme Diomaye président avec comme socle le PASTEF.
Divergences entre Sonko et Diomaye
La nomination d’Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô a lieu alors que la situation financière du pays ouest-africain est plombée par son énorme dette, 132% du PIB, dont le traitement est un point de divergences entre le chef de l’État et son ex-chef de gouvernement.
Le président Faye souhaite discuter avec le Fonds monétaire international (FMI) d’un nouveau programme d’aide, le Premier ministre Sonko vante lui une approche souverainiste.
A leur arrivée au pouvoir en 2024, les nouvelles autorités avaient accusé le pouvoir de l’ex-président Sall d’avoir caché une partie de la dette, entraînant la suspension du programme d’aide du FMI de 1,8 milliard de dollars.
Les deux hommes se sont séparés après des mois de tensions.
Leurs divergences portent aussi sur le traitement des dossiers de justice. Plusieurs anciens responsables sous l’ex-président Macky Sall (2012-2024) sont accusés de mauvaise gestion et d’implication dans les violences politiques qui ont fait des dizaines de morts entre 2021 et 2024.
“Le Sénégal est un pays sûr et viable et entend le rester”, a dit M. Lô, évoquant “la situation financière difficile” du pays, dans sa première déclaration lundi, après la lecture de son décret de nomination sur la télévision publique.
“Il ne s’agit pas d’un changement de cap mais de méthode”, a-t-il ajouté, citant la droite et la transparence et “la souveraineté économique et culturelle” parmi les fondements de son action, autant de mantras en vogue sous M. Sonko.


















