Le détroit d’Ormuz fermé pèse sur l’Afrique

La tension entre l’Iran, les États-Unis et Israël provoque une flambée des prix de l’énergie et des perturbations dans les transports et l’alimentation.

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27 Mar, 2026

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La fermeture effective du détroit d’Ormuz, à la suite des frappes du 28 février menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, entraîne d’importantes répercussions pour l’Afrique, affectant les secteurs énergétique, alimentaire et logistique.

Les perturbations du trafic maritime dans ce passage stratégique ont accentué les inquiétudes concernant l’approvisionnement énergétique mondial, provoquant une forte hausse des prix du pétrole. Selon des analystes, une augmentation de 10 % du baril pourrait entraîner une hausse de près de 2 % de l’inflation sur le continent, où environ 70 % des importations de carburants transitent par ce détroit.

Dans ce contexte, la méga-raffinerie Dangote, au Nigeria, a annoncé le lancement d’exportations de carburant vers d’autres pays africains, tirant parti de la hausse des prix. Kenya Airways a précisé que la situation au Moyen-Orient a modifié les habitudes de voyage à l’international, avec un accroissement des réservations ces dernières semaines.

NJ Ayuk, président de la Chambre africaine de l’énergie, a affirmé que « l’Afrique subit une fois de plus les conséquences d’une crise qu’elle n’a pas provoquée », rappelant que l’impact se fait sentir sur l’ensemble de la chaîne : carburants raffinés, gaz, transport, assurance, engrais et alimentation. Les nations dépendantes des importations, en particulier celles avec des budgets serrés et des monnaies faibles, sont particulièrement exposées. L’Égypte et le Kenya figurent parmi les plus vulnérables.

Les coûts d’achat du carburant et du gaz ont fortement augmenté, alors que plusieurs pays africains restent dépendants des produits raffinés importés. Cela accentue la pression sur le coût de la vie, impactant transport, alimentation, électricité et logistique. Selon Ayuk, cette crise constitue un « signal d’alerte » pour le continent, soulignant la nécessité de renforcer les infrastructures locales et les capacités de raffinage.

Volkan Kahraman, expert en énergie, explique que les frappes sur l’île de Kharg et les ripostes iraniennes ont aggravé la situation en réduisant la circulation dans le détroit. Les dommages aux infrastructures pétrolières et aux terminaux de GNL ont provoqué une flambée des prix, passant de 73 à 119 dollars le baril. Les effets se font sentir au-delà de l’énergie, touchant également le transport et l’approvisionnement alimentaire.

Les vulnérabilités varient selon les régions : l’Afrique de l’Ouest, avec des producteurs comme l’Angola et le Nigeria, dispose d’un surplus relatif, tandis que l’Afrique de l’Est et australe restent fortement dépendantes des importations. Des mesures d’urgence ont été mises en place : réduction de consommation électrique en Égypte, rationnement du carburant en Éthiopie et tensions sur la distribution au Kenya.

Kahraman conclut que cette crise pourrait constituer un tournant pour la sécurité énergétique africaine, en accélérant les investissements dans les hydrocarbures et les énergies renouvelables, et en renforçant la coopération énergétique sur le continent.

Source: Newstimehub