La Haute Autorité de la Communication (HAC) du Gabon a annoncé mardi la suspension immédiate et ‘jusqu’à nouvel ordre’ des réseaux sociaux sur le territoire national, invoquant un risque de ‘dérives conflictogènes’.
Dans un communiqué lu mardi soir sur la chaîne publique Gabon 1ère, le porte-parole Jean-Claude Mendome a déclaré ‘la suspension immédiate des réseaux sociaux sur le territoire gabonais jusqu’à nouvel ordre’, sans préciser les plateformes visées, expliquant que certains contenus pourraient provoquer des tensions sociales ou déstabiliser les institutions.
La contestation monte
Le président gabonais a été confronté en janvier et février à sa première vague de contestation sociale, notamment une grève des enseignants qui, dans certains endroits, se poursuit depuis plus d’un mois.
La Haute Autorité de Communication (HAC) constate la diffusion récurrente sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques accessibles sur le territoire gabonais, de contenus inappropriés, diffamatoires, haineux, injurieux, portant atteinte à la dignité humaine, aux bonnes moeurs, à l’honneur des citoyens, à la cohésion sociale, à la stabilité des institutions de la République et à la sécurité nationale, a énuméré le porte-parole de l’institution.
La HAC s’inquiète également de la ‘propagation de fausses informations’, du ‘cyberharcèlement’ et de la ‘divulgation non autorisée de données personnelles’.
Dans son communiqué, la HAC a aussi ‘déploré’ l’indifférence des plateformes et ‘l’absence d’une véritable volonté de modération des contenus illicites’.
‘Ces agissements sont susceptibles dans le cas du Gabon d’engendrer des conflits sociaux, de déstabiliser les institutions de la République et de mettre gravement en péril l’unité nationale, les avancées et les acquis démocratiques’, a affirmé le porte-parole.
La suspension ne semblait toutefois pas effective dans la nuit de mardi à mercredi, selon des témoignages recueillis sur place.















